Nos amis les hommes

Toute ressemblance avec des personnalités réelles serait purement fortuite.

Après deux mois passés dans une grotte (un jour je vous raconterai ma vie passionnante), c’est pas très évident de trouver des articles d’actualité brûlante à écrire pour lancer un blog hyper puissant et toujours au coeur des problèmes actuels (bla bla). A défaut de groundbreaking news, j’ai depuis quelques jours une méchante envie de pousser un coup de gueule qui va m’aliéner la moitié de la population. Mais on ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs – ou en l’occurrence des couilles. Donc.

Il fut un temps, où les hommes, c’était ça :

C’était velu, ça sentait pas bon sous les bras, ça brillait pas par sa finesse, et on leur reprochait souvent de traîner leur femelle par les cheveux pour s’accoupler avec elle derrière des bosquets ou autour de feux de camps à la vue de tous (oui, les hommes préhistoriques étaient de gros partouzeurs). Mais au moins, ces hommes-là étaient explicables par quelques mots-clés limpides : chasser – manger – baiser – grogner. Jusque là donc, tout allait bien.

Mais voilà, un jour une matriarche bien inspirée est passée par là, elle a regardé bambin Neanderthal dans les yeux, lui a rasé son début de barbe, lui a collé du talc sous les menottes, et lui a affirmé que “c’est beau, un homme qui pleure”. L’homme moderne grogna, essaya de comprendre la leçon, n’y parvint pas (sorti du quadrilatère chasser – manger – baiser – grogner les messages passent moins bien) et en conclut que ce qu’on lui demandait, c’était de devenir une pisseuse :

Et là, ce fut le drame.

Entendons-nous bien. Je suis une fag hag. Les hommes sensibles, les tarés de mode, les mecs qui assument leur corps et leurs doutes existentiels, ça me pose aucun souci. Les hommes qui chouinent tout le temps, qui passent une heure dans la salle de bain, qui font des manucures et appellent toutes les meufs “chérie”, c’est une conséquence logique et équitable de l’égalité de sexes.

MAIS être les égaux des femmes ne donne pas aux hommes le droit de devenir des chieuses.

Car la nouvelle mode chez les hommes c’est, dirait-on, le questionnement métaphysique. Ce questionnement commence généralement de la façon suivante :
“J’ai 30 (/20/40/5/99) ans. Je me sens vieuuuux. J’ai trouvé un cheveu gris sur mes couilles l’autre soir, si si. Puis je suis pauvre. Le voisin d’en face a 1000 de plus que moi par an, brut, c’est trop nul. Puis je suis un raté. J’ai fini premier à tous mes concours je suis hyper talentueux et promis à un brillant avenir, mais comme j’étais sûr que de toutes façons ça marchera pas j’ai décidé de pas essayer, du coup effectivement ça a pas marché. Ma vie est foutue.”

A ce stade, généralement, l’homme moderne trouve sur son chemin une femme moderne (ou un autre homme moderne). Elle est indépendante, forte, brillante, pétrie de névroses, a au choix un passé sentimental ou familial difficile. Elle aime pas les machos, elle aime pas les carpettes, elle aime pas les hommes d’ailleurs parfois, mais voilà : la délicate fragilité de Raphael, Werther ou Lorenzaccio (car l’homme moderne a un ethos de héros romantique et torturé, et pour cause…) l’émeut et la charme.
Ni une ni deux, les voilà à se rouler dans les prés et à se culbuter joyeusement dans les porches (pas nécessairement dans cet ordre). C’est l’amour fou, le coup de foudre, la chance unique. La fin du conte de fées, le rideau, le chabadabada.

Jusqu’à ce que…

Car au bout de quelques semaines voilà que l’homme moderne se met à gamberger, sous diverses formes :
- Elle est si parfaite, et je suis si laid, ça va foirer, elle va me laisser tomber, j’aurai mal, j’ai peur
- elle est certes bien, puis elle m’a ramassé, mais on sait jamais, si Pénélope Cruz vient réparer sa voiture chez moi demain et me roule une pelle… j’ai peur
- elle est certes bien mais qu’est ce qu’elle va me mettre bobonne/maman/mes potes si elle voit que je cours la gueuse, et bobonne a l’habitude de mes furoncles alors que Jessalyn elle risque de pas aimer, j’ai peur

Devant ces perspectives plus réalistes les unes que les autres, l’homme moderne, envahi par des émotions contradictoires, essaie de réfléchir. Mais il ne trouve ni le mot chasser, ni manger, ni grogner dans aucune de ces phrases, et il aura fini par comprendre que baiser c’était de toutes façons pas très difficile. Alors l’homme moderne fait ce que ferait tout homme moderne : face à la complexité infinie du monde, il se tire en courant.

Et faute de comprendre ce qui se passe dans sa tête, il va voir Juliette et lui annonce “t’es parfaite, mais je t’aime plus”. Merci d’avoir joué !

Messieurs, j’ai plusieurs scoops pour vous. Des scoops testés et approuvés, par moi-même avec l’aide d’exceptions notables à cette description (car elles existent et savent à quel point je les en remercie).

1. L’amour se construit. Non une femme ce n’est pas un rayon de lumière qui descend du ciel et vient magiquement illuminer votre vie et la rendre belle et simple. C’est avant tout quelqu’un comme vous, un partenaire. Tout comme vous elle a ses névroses, et tout comme vous elle a pas envie de faire de compromis. Mais voilà, quand on veut être avec quelqu’un, c’est par ça qu’on commence, pas par faire une danse de la séduction autour d’un piédestal nimbé d’étoiles.

2. On a droit à plusieurs essais. Si vous avez peur, laissez la essayer de vous rassurer, et pour ça, commencez par lui dire ce qui va pas. C’est pas votre maman, on est d’accord, c’est pas votre premier amour évanoui, et elle fera jamais aussi bien. Mais elle, elle est là, présente, patiente (parfois…) et baisable. Et surtout, elle vous aime, et ça, croyez pas que c’est une chance qui se reproduira tous les jours.

3. Apprenez à vous lire. “J’ai peur” ça veut dire “j’ai peur”. Y a un sujet, c’est le “je” et un verbe, “avoir peur”. C’est un truc entre vous et vous. Et le transformer en “tu es le problème”, ben c’est pas honnête, et surtout, c’est con pour vous.

Et après on dit que les femmes sont compliquées…

Tout cela étant posé, je l’ai dit et je le répète, il y a des hommes qui s’épargnent ces mécaniques de mauvaise foi, tout comme – égalité des sexes oblige – il y a des femmes qui se les autorisent. C’est pas une raison. Pour toutes mes copines et toutes les autres nanas qui s’arrachent les cheveux sur VOUS (oui vous devant votre écran) : GROW UP! Et rendez-vous service, essayez un peu d’être heureux.

Comments
One Response to “Nos amis les hommes”
  1. Canada 411 dit :

    Combien vous pensez qu’il pèse l’homme sa premiere photo?

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